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Le mouton noir de la blogosphère
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mardi 7 août 2007

Rebelle dans le métro

Mardi matin, j'ai mis ma belle jupe et j'ai le petit vent frais du matin dans les cheveux. Le bonheur. Quel beau début de journée prometteur !
Je glisse dans mes oreilles les boutons de mes écouteurs.
«Don't you remember the days of the old school yard, we use to laught a lot ...
J'entre dans la station de métro et comme d'habitude je passe le tourniquet et je me dirige en vitesse vers l'escalier roulant pour prendre mon train.
«oooooh...don't you remember the ...
...une tappe brusque sur l'épaule me sort de ma transe quotidienne au milieu de la foule.


Je me retourne, m'attendant à rencontrer un autre pouilleux s'ajoutant à ma longue tradition de crottés de métro. À ma grande surprise c'est un agent de police chauve et très... TRÈS grand.

Je retire alors rapidement un de mes écouteurs et je sors ma carte d'étudiant.

Agent de police armoire à glace sur un ton drôlement infantilisant : « Quand tu entres dans une station de métro tu enlèves tes écouteurs. »

Moi évidemment choquée du ton utilisé et de l'utilisation aberante du «tu» : Ben ok...mais pourquoi ?

Agent de police armoire à glace : Si jamais on a besoin de faire une évacuation tu ne pourras pas nous entendre.

Moi résolue à être une éternelle licheuse : D'accord, merci monsieur l'agent.

Faut croire que ma belle jupe rivalise avec les yo fonds de culottes et que je suis une vilaine rebelle STM. Manu...j'ai besoin d'être fouettée

mardi 3 juillet 2007

Poésie dans l'métro

Beau samedi ensoleillé
Entrée de la station de métro
Je tiens de mes deux mains un bac de matériel sur lequel repose, dans un sac bleu de coton, bien enveloppé, un petit vivarium avec un mille-pattes géant (animation d’une fête d’enfant oblige).

En attendant à la lumière je vois l’autre côté de la rue un vieux monsieur avec un coat des Canadiens, une paire d’écouteur et un dentier baveux à moitié sortit accompagné par une dame d’un certain âge qui a pas l’air clean clean dans sa tête.

Je traverse la rue et mon aimant interne à pouilleux fait encore effet…

L’homme au dentier met sur mon bac une carte de téléphone qui semble avoir été grugée par des dents humaines :

« Gracieuseté de Bell Canada.
Moi – Ah ben merci à vous.
Dentier – De rien. J’m’en va m’acheter du tabac dans l’bas d’la ville.


Et moi, souffrant d’une bonhomie et d’une sympathie congénitale transmise par ma mère, je continue en souriant :

Moi- Ah ben c’est sur que c’est moins cher qu’ici.
Dentier – Toé tu connais ça. Icitte c’pas achetable le tabac.
Moi- Oui, y’a pas grand chose autour d'ici.
Dentier – OUI ! Y’a d’la bière, en masse de bière…jusse l’aut’ bord d’la rue. Y’a des fruits pis des légumes. C’est bon des fruits pis des légumes.

Abasourdie par cette révélation nutritionnelle je m’abstiens de tout commentaire et fixe mon regard sur le bas de l’escalier mobile qui semble si loin dans ces conditions.

Dentier- Toé j’te r’garde là. J’sus sure que tu bois d’la bière. J’ai tu raison ?
Moi- Ben oui, de temps en temps c’est bon.
Dentier (avec un regard et une grimace de dédain) – C’est pas bon pour la santé.


Il me prend par les épaules, m’approche de force vers lui, colle son front contre le mien et me montre le creux entre son index et son majeur droit où pourrit un minuscule bout de joint qui semble avoir du vécu.

Dentier – Tin ! Ça c’est ben meilleur hein. HA HA HA HA HA
Moi – Ah ben c’est sur que c’est pas la même chose là.

Dentier - J'taime toé. J't'aime parce que tu me fais rire pis qu'tu ris.

Me déprenant de sa poigne désagréablement amicale je passe par le guichetier…mais il m’attend de l’autre côté, y’a rien à faire…

Dentier – Que cé que t’a dans ton sac bleu ?
Moi- Un mille-pattes.
Dentier – Un quoi ?
Moi- Un mille-pattes.
Dentier – Un quoi ?
Moi – Un mille-pattes.
Dentier – Un quoi ?
Moi- Un mille-pattes.

Tannée et irritée je décide d’ouvrir un peu mon sac bleu pour lui laisser voir pour ma santé mentale et pour assouvir grassement son besoin flagrant de connaissance.

Dentier – Un serpent !
Moi – Non. Un mille-pattes.
Dentier – Un serpent !
Moi – Non, c’est un myriapode, c’est comme pas un insecte, mais une famille proche.


Soudain il a comme un extrême regain d’énergie, ses yeux brillent (ou du moins s’ils étaient moins jaunît ils auraient briller) et pour la première fois il s’adresse à la fille pas ben qui l’accompagne :

Dentier – AYE ! Monique ! Check ça, check ça Monique !

Il descend à toute allure et sa Monique ne se retourne pas…il me tire par le bac pour que je descende avec lui.

Dentier – AYE ! AYE ! Monique check ça.

Elle se retourne et moi avec un sourire je lui montre.

Dentier – Check ! S’T’UN SERPENT !

Monique ( à tue tête) : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

La voilà qui part à courir pis à crier comme une folle des insanités. Voilà aussi que tout le monde dans la station se délecte en z’yeutant cette scène pathétique.
Dentier et Monique s’engueulant à tue tête je me suis éclipsée.